Séminaire Recherche Doctorale 2026

Ce séminaire a eu lieu le mardi 9 juin 2026 à 14h en visioconférence

Mobilité inclusive et sécurité pour tous : entre capacités, vulnérabilités, inégalités et adaptation

Réunissant chercheurs, doctorants et membres des laboratoires de la fédération, cette rencontre a permis de croiser les regards de plusieurs disciplines autour d'une même question : comment concevoir des systèmes de mobilité plus sûrs et plus inclusifs pour tous ?

Une introduction par Gérard Hernja

Pour introduire les échanges, Gérard Hernja, docteur en sciences de l'éducation, responsable du LEEM (Laboratoire d'étude pour une éducation à la mobilité de l'École de conduite française), membre du comité scientifique du Laboratoire de la mobilité inclusive et du comité de pilotage de la communauté d'intérêt Movin'On, a proposé une réflexion sur les notions de mobilité et d'inclusion.

Spécialiste des questions d'éducation à la mobilité, des comportements des conducteurs novices et des enjeux de mobilité inclusive, il a invité les participants à considérer ces notions comme des concepts à interroger plutôt que comme des évidences. S'appuyant sur ses travaux consacrés notamment à la mobilité des jeunes en territoires ruraux et à l'éducation à la mobilité inclusive et durable, il a souligné que réfléchir à l'inclusion implique nécessairement de s'intéresser aux inégalités, aux vulnérabilités et aux conditions réelles d'accès à la mobilité. Il a également encouragé les intervenants à effectuer un « pas de côté » afin d'analyser leurs recherches sous cet angle et de questionner la manière dont leurs travaux contribuent, directement ou indirectement, à construire des mobilités plus sûres et plus inclusives.

Des approches complémentaires de la mobilité inclusive

Rendre visibles les vulnérabilités dans les statistiques d'accidents

Ibrahim Traoré, doctorant à l'UMRESTTE, a montré comment l'amélioration des estimations nationales du nombre de blessés de la route peut contribuer à une meilleure prise en compte de certaines catégories d'usagers aujourd'hui sous-représentées dans les statistiques. Son travail vise notamment à mieux identifier les inégalités d'exposition au risque selon les profils d'usagers et les modes de déplacement.

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Concevoir des outils pédagogiques accessibles

Amélie Hohweiller, ingénieure IRG, a présenté les évolutions successives du serious game Crash Investigation, conçu pour la formation à la sécurité routière. Son intervention a mis en évidence l'importance d'une démarche d'amélioration continue de l'accessibilité, intégrant notamment les questions de lisibilité, de contrastes visuels, de sous-titrage et d'adaptation aux différents profils d'utilisateurs.

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Représenter la diversité des corps dans les modèles de sécurité

Otávio Teixeira Pinto, post-doctorant au LBA, a proposé une réflexion originale sur les modèles biomécaniques utilisés pour concevoir les systèmes de sécurité des véhicules. En s'intéressant aux différences liées à l'âge, au sexe et à la morphologie, ses travaux interrogent les limites des modèles fondés sur un « individu moyen » et plaident pour une meilleure représentation de la diversité des usagers dans la conception des dispositifs de sécurité.

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Mobilité, épilepsie et maintien de l'autonomie

Lucile Guillermier, doctorante au LESCOT, a abordé la question de la mobilité inclusive à travers les restrictions de conduite liées à l'épilepsie. Son intervention a mis en lumière les arbitrages complexes entre sécurité collective et maintien de l'autonomie individuelle, ainsi que les conséquences sociales, professionnelles et territoriales que peut entraîner la perte du permis de conduire.

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Une réflexion collective sur les limites et les conditions de l'inclusion

La table ronde finale a permis d'approfondir plusieurs questions transversales : le rôle des inégalités socio-économiques dans l'exposition au risque routier, la prise en compte de la diversité des usagers dans les modèles de sécurité ou encore les arbitrages nécessaires entre inclusion et sécurité.

Les échanges ont notamment souligné que l'inclusion ne consiste pas uniquement à permettre l'accès à la conduite automobile, mais plus largement à garantir l'accès à la mobilité sous différentes formes. Plusieurs intervenants ont rappelé que certaines restrictions peuvent être nécessaires pour des raisons de sécurité, à condition qu'elles s'accompagnent de solutions permettant de maintenir l'autonomie et la participation sociale des personnes concernées.

Enseignements du séminaire

Malgré la diversité des sujets présentés, plusieurs constats communs se dégagent :

  • l'inclusion suppose de rendre visibles des populations ou des situations insuffisamment prises en compte ;
  • les approches fondées sur des modèles peuvent masquer certaines vulnérabilités ;
  • l'inclusion relève d'une démarche d'amélioration continue plutôt que d'un état définitif ;
  • les données, les outils, les réglementations et les dispositifs de sécurité doivent être interrogés au regard de leurs effets sur les différents publics ;
  • sécurité et inclusion apparaissent comme des objectifs complémentaires lorsque les besoins des différents usagers sont mieux pris en compte.